Dans les médias, Federer est devenu une chose. Quel abus!

11 décembre 2009

L’un des drames des sociĂ©tĂ©s Ă  rĂ©gime monomaniaque et Ă  valeur unique, comme l’est le système capitaliste, est que les mĂ©dias nous soumettent Ă  une manipulation permanente, sans que nous ne puissions rien faire d’autre que d’ĂŞtre lucides dans la mesure du possible. D’oĂą l’expression d’une irritation ou rĂ©volte, comme l’on veut, contre cette manipulation. Ce qui n’est pas si facile que ça. Sinon on se retrouverait en nombreuse et heureuse compagnie…

Sur la federeromania, L’IllustrĂ© de cette semaine nous fournit un petit complĂ©ment qui montre bien Ă  quel point le problème est aigu.

En couverture: la figure dudit federer (si je mets une minuscule, ce n’est pas pour diminuer la personne. Ca veut dire que pour moi, federer est devenu chose, comme lame de rasoir, montre ou voiture). Visage grandeur quasi nature, regard qui se perd dans l’horizon infini.

Et le texte! “Fascination Federer Psychanalyse d’une nation en extase.”

Quel abus! Quel viol de la conscience des individus normaux! (Je rapproche cela de FrĂ©dĂ©ric Mitterrand Ă  propos de Polanski: “Je pense que tous les Français doivent ĂŞtre avec Polanski dans cette Ă©preuve.”)

Federer federer tout est federer

l’information: tout est fait divers
l’information: tout est federer

Passe-moi les jumelles:
federer boit son café
federer achète à crédit
federer langoureux regarde l’horizon

Federer, y es-tu? que fais-tu?
Je mets ma montre
Federer, y es-tu? que fais-tu?
Demande Ă  mon costumier

A la télé, au stade,
Les millions regardent federer
et federer compte les millions
Pourquoi ?
Parce qu’aujourd’hui, tout n’est que racket

Federer et son fou rire
c’est fou ce que ça fait rire

Federer malade, mono mono
L’information, mono mono

Federer au filet federer entre les jambes federer amorti
federer, qu’il est bon !
l’information, quelle indigestion !
rots rots rots Rodgeur

federer federer tout est fait d’erreurs

Bernard Walter

Le copain du fabricant de meubles Ă  la rescousse

30 novembre 2009

Dans les Ă©ditions du samedi de 24 Heures, de plus en plus d’articles mĂ©langent contenu rĂ©dactionnel et promotionnel. Ainsi l’Ă©dition du 31 octobre 2009 fait-elle la gloire de la bibliothèque de rangement «Billy» d’un gĂ©ant suĂ©dois du meuble Ă  construire chez soi.

Pour Ă´ter au lecteur l’impression d’avoir affaire Ă  un publireportage dĂ©guisĂ©, le journal pousse l’investigation Ă  son comble en demandant son avis Ă  Pierre Keller, copain du patron de la boĂ®te suĂ©doise en question qui a fait un don de 500′000 francs Ă  l’ECAL… que Keller dirige. Lequel Keller nous fait cette rĂ©vĂ©lation Ă  couper le souffle: «Je n’ai plus de Billy. Mais j’en ai eu plusieurs!».

A force de supprimer des postes de journalistes, Edipresse va toucher le fond. La mal-info reprend de la vigueur.

Yves Sancey

(Article paru dans m-magazine, le journal de comedia, N° 11 - novembre 2009)

Licenciements chez Edipresse: la couverture contrastée des médias

6 novembre 2009

Il n’est pas inintĂ©ressant d’observer comment les mĂ©dias ont couvert la colère des journalistes après les licenciements massifs chez Edipresse. Très logiquement, La LibertĂ© et Le Courrier, des journaux qui n’appartiennent pas au groupe lausannois, ont accordĂ© de larges espaces aux Ă©vĂ©nements des derniers jours. 20 Minutes et 24 Heures ont publiĂ© une belle photo du dĂ©filĂ© du 4 novembre Ă  l’avenue de la Gare. Le Temps s’est limitĂ© Ă  une brève et Le Matin a passĂ© complètement sous silence la manifestation Ă  laquelle participaient pourtant nombre de ses employĂ©s. CĂ´tĂ© audiovisuel, le comportement a Ă©tĂ© tout aussi contrastĂ©. La TSR Ă©tait très prĂ©sente lors du sit-in en dessous de la tour Edipresse, puis l’après-midi devant l’imprimerie Ă  Bussigny. En revanche la Radio ne s’est manifestĂ©e que par une couverture sporadique. Le silence a mĂŞme Ă©tĂ© assourdissant dans certaines Ă©missions grand public. Vive la solidaritĂ©!

Sauvez les photographes!

6 novembre 2009

La journée de jeudi 5 novembre 2009 a été placée sous le slogan: «Debout pour la défense du journalisme!».

Des reprĂ©sentants des associations concernĂ©es ont presentĂ© une pĂ©tition Ă  Presse Suisse  et ont invitĂ© cette organisation d’Ă©diteurs Ă  ouvrir un dialogue direct entre les photographes et les Ă©diteurs.

Remise de la pétition

Il s’agit de sauver la photographie de presse qui est menacĂ©e par les conditions toujours plus prĂ©caires dans lesquelles doivent Ă©voluer les photographes - en particulier les libres.

Licenciements chez Edipresse: le rythme fatal*

3 novembre 2009

Terminée, la crise? Allez le raconter aux autres, pas aux journalistes! Ni aux imprimeurs. Encore moins aux régies d’annonces. Et dire que la publicité est censée devancer l’évolution conjoncturelle! D’autres secteurs n’auraient donc encore rien vu?

Les médias mangent leur pain noir. Comme la couleur du nuage qui s’est échappé des soutes du navire amiral Edipresse, il y a quelques jours. Deux explosions dans un transformateur enchaîné aux chevilles du colosse ont suffi à déstabiliser l’alimentation en électricité du centre de Lausanne. Cette âcre fumée était aussi un mauvais présage.

Edipresse sacrifie 10% de ses effectifs et Tamedia prétend n’être pour rien dans ce carnage. On veut bien, mais il faut quand même faire preuve de naïveté pour croire que le groupe zurichois se tient en observateur absolument passif. Pourquoi ses comptables attendraient-ils jusqu’en 2011, date de la remise du trousseau de clés au complet, pour demander l’accès aux passages secrets de l’empire lémanique? Tout acquéreur sensé, surtout s’il débourse plusieurs centaines de millions, vérifie tout de suite l’état réel de santé de sa nouvelle conquête. Que découvriront les inspecteurs de M. Subino, le patron de Tamedia? Nul ne le sait encore, mais ce ne sera certainement pas l’antre de Crésus.

Ce massacre du 9 octobre restera gravé dans les mémoires car le cas d’Edipresse n’est malheureusement pas isolé et symbolise la fin d’une ère pour la presse romande. Celle où les journaux parvenaient à octroyer à leur personnel des conditions de travail décentes, compatibles avec les exigences d’une information crédible.

Suppressions d’emplois, mises à la retraite anticipée, non-remplacements et autres dommages irréversibles pour cause de mobbing s’enchaînent aujourd’hui partout à un rythme fatal. Cumulées, ces entraves rendent la mission civique des journalistes impossible.

Christian Campiche

* Article paru dans La Liberté du 10 octobre 2009, dans la revue EDITO (No 4 2009) et sur le site www.lameduse.ch

«Le Temps»: Santé, M. Burkhalter!

31 octobre 2009

SantĂ©, M. le nouveau Conseiller fĂ©dĂ©ral! Le Temps Ă©lectronique du 30 octobre 2009 publie un article sur Didier Burkhalter (accès gratuit, mais il faut s’enregistrer) contenant de la publicitĂ© un peu dĂ©placĂ©e. Le nom d’un domaine viticole neuchâtelois devient un lien http://www.chateau-auvernier.ch/ qui mène au website de l’entreprise. Un petit service Ă  un copain ou le rĂ©sultat d’une bonne petite bouteille?

Salut Roger, et merci!

22 septembre 2009

Ils sont nombreux, les journalistes, à porter le deuil. L’homme qui vient de mourir d’un cancer à l’âge de 65 ans était pour beaucoup d’entre eux un frère, mieux un père. Une école à lui tout seul, Roger de Diesbach. Un mentor du journalisme d’investigation qui s’est efforcé sans relâche de façonner à son idéal toute une génération de professionnels de l’information en Suisse romande mais aussi au delà.

Car l’aura du personnage dépassait les frontières de sa chère Sarine. Issu d’une noble famille fribourgeoise, fils et petit-fils de militaire, Roger de Diesbach regrettait une enfance trop corsetée à son goût, marquée par des séjours à l’internat dont il était sorti meurtri. Le journalisme fut, pour lui, d’abord un exutoire, ensuite une véritable vocation. A l’ATS où il fit ses premières armes, ainsi qu’à la Tribune de Lausanne (l’ancêtre du Matin), il se révéla d’emblée comme un enquêteur hors pair. Les sujets mêlant les intrigues de l’armement et de l’économie avaient sa préférence. Mais c’est au sein du Bureau de reportage et de recherche de l’information, le BRRI, qu’il a fondé dans les annés quatre-vingt, puis au Journal de Genève qu’il donna toute la mesure de son talent de formateur. Combien de reporters aguerris, combien de plumes critiques n’ont pas trouvé une référence dans sa manière de travailler, empreinte de minutie et de ténacité.

Roger de Diesbach savait exploiter ses relations et soigner ses sources. Il choisissait ses collaborateurs au mépris des conventions et du qu’en dira-t-on. Venant de lui et prononcée avec tendresse, l’expression “sale type” était un compliment. Les chasseurs de scoop avaient droit à son respect. Amoureux de Fribourg et de sa faune, il ne se lassait pas d’emmener l’hôte de passage dans les rues basses où il tutoyait tous les piliers de bistrot.

Sous son règne, La Liberté a connu une croissance sans précédent, multipliant les accords avec d’autres titres. Roger de Diesbach ambitionnait de faire un journal couvrant plusieurs régions, de Berne à Genève. Seule la maladie a pu interrompre ce rêve.

Il Ă©tait aussi un pilier d’Info en danger, tout naturellement. Salut, Roger, et merci!

L’info-divertissement vue par Stephff

15 juillet 2009

Cliquer pour agrandir le dessin de Stephff

La presse neuchâteloise recrute des amateurs!

29 juin 2009

Annonce parue les 7 et 8 avril 2009. Après s’ĂŞtre sĂ©parĂ©e de plus d’une douzaine de journalistes de L’Express, de L’Impartial et du Courrier Neuchâtelois, La SociĂ©tĂ© Neuchâteloise de Presse (SNP) recrute des “collaborateurs rĂ©dactionnels” - autant dire: des amateurs - pour rĂ©diger des articles payĂ©s entre 20 et 50 francs…

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Michael Jackson Ă  la Une

26 juin 2009

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