La presse neuchĂąteloise recrute des amateurs!

29 juin 2009

Annonce parue les 7 et 8 avril 2009. AprĂšs s’ĂȘtre sĂ©parĂ©e de plus d’une douzaine de journalistes de L’Express, de L’Impartial et du Courrier NeuchĂątelois, La SociĂ©tĂ© NeuchĂąteloise de Presse (SNP) recrute des “collaborateurs rĂ©dactionnels” - autant dire: des amateurs - pour rĂ©diger des articles payĂ©s entre 20 et 50 francs…

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Michael Jackson Ă  la Une

26 juin 2009

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Lu ailleurs: “LicenciĂ©s au Tagi parce que syndicalistes”

23 juin 2009

“Nous sommes un pays dĂ©mocratique, pluraliste, civilisĂ©, fondĂ© sur le partenariat social. Les militants syndicaux, on ne les bute pas en Suisse: on les licencie.”

”Le plus grand groupe de presse de Suisse, Tamedia, a licenciĂ© les deux prĂ©sidents des commissions du personnel de ses deux principaux quotidiens payants, le “Tages Anzeiger” et le “Bund”. Officiellement, leur activitĂ© syndicale n’y est pour rien: ils font simplement partie d’une charrette de soixante licenciĂ©s pour raisons Ă©conomiques (alors que le groupe a rĂ©alisĂ© 106 millions de bĂ©nĂ©fices en 2008). Mais, malencontreux hasard, ils ont Ă©tĂ© licenciĂ©s deux jours aprĂšs une manifestation d’employĂ©s des deux journaux, en plein processus de fusion.”

”Un hasard, on vous dit. Et contre le hasard, que peut le gouvernement, Ă  part signer un «partenariat» pour dĂ©fendre les droits syndicaux chez les autres ? Le Conseil fĂ©dĂ©ral refuse de prĂ©voir dans la loi suisse la rĂ©intĂ©gration des syndicalistes licenciĂ©s parce que syndicalistes.”
(Extrait de l’éditorial de Pascal Holenweg sur son blog http://causetoujours.blog.tdg.ch)

Rapport d’activitĂ© 2008-2009

16 juin 2009

Rapport d’activitĂ© 2008-2009 d’info-en-danger, prĂ©sentĂ© lors de l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale du 3 juin 2009 Ă  Lausanne

Une annĂ©e s’est Ă©coulĂ©e depuis notre derniĂšre AG qui s’est tenue le 22 mai 2008. Depuis le monde a vĂ©cu un krach boursier auquel s’est ajoutĂ© un krach mĂ©diatique. Je ne vais pas Ă©numĂ©rer le nombre de rĂ©dactions qui ont fait l’objet de mesures douloureuses, voire le nombre de titres qui ont tout simplement disparu de la scĂšne. En Suisse romande, l’évĂ©nement le plus spectaculaire est Ă©videmment la reprise d’Edipresse par le groupe zurichois Tamedia. Mais il ne faut pas sousestimer non plus les nuages qui s’accumulent sur les mĂ©dias audiovisuels - radio-TV - en proie Ă  la convergence, aimable mĂ©taphore pour parler de fusion.

Dans ce climat dĂ©lĂ©tĂšre, notre association a jouĂ© son rĂŽle Ă  plusieurs degrĂ©s. Je rappelle que les statuts d’info-en-danger, adoptĂ©s en 2006, lui donnent comme buts “la dĂ©fense de l’éthique journalistique, de la libertĂ© d’expression et de la dignitĂ© de la profession de journaliste, telles que dĂ©finies dans la DĂ©claration des devoirs et des droits des journalistes”. Or il est clair que les difficultĂ©s auxquelles sont confrontĂ©s les mĂ©dias, qui se traduisent par des rĂ©ductions d’effectifs et des mesures d’économies tous azimuts, ne constituent pas les conditions idĂ©ales Ă  la rĂ©alisation de ces objectifs.

Pour la premiĂšre fois, des confrĂšres en difficultĂ© ont pu bĂ©nĂ©ficier de l’infrastructure  logistique patiemment mise en place par info-en-danger par le biais de son site internet www.infoendanger.net. Je pense bien sĂ»r aux journalistes de “L’Express” et “L’Impartial” qui se sont mis en grĂšve en novembre dernier, en rĂ©action Ă  la quinzaine de licenciements, 20% de l’effectif, annoncĂ©e par la direction. Notre site a vĂ©hiculĂ© plusieurs dizaines des messages de soutien aux consoeurs et confrĂšres neuchĂątelois. Des tĂ©moignages souvent poignants provenant de tous les milieux du lectorat. A noter que l’action d’infoendanger n’est pas passĂ©e inaperçue hors de notre landerneau puisqu’elle a Ă©tĂ© relayĂ©e notamment dans “Le Matin Dimanche”.

Fait marquant pendant la grĂšve, les calicots n’exprimaient pas la recherche de la pitiĂ©, le pauvre journaliste touchĂ© par la crise, mais mettaient en garde contre les atteintes Ă  la qualitĂ© rĂ©dactionnelle. J’y vois lĂ , et cela m’a Ă©tĂ© confirmĂ© par l’un ou l’autre des journalistes de neuchĂątelois, une consĂ©quence positive de l’action d’info-en-danger dont l’un des chevaux de bataille est la dĂ©fense de la dĂ©mocratie qui passe par l’exigence du travail professionnel non infĂ©odĂ© aux directives des annonceurs et du marketing.

Une autre activitĂ© d’info-en-danger est sa prĂ©sence dans les dĂ©bats sur la presse. En 2008, nous avons continuĂ© notre mission de pĂ©lerinage au hasard de manifestations en Suisse romande. C’est ainsi que le 24 septembre 2008, j’ai Ă©tĂ© invitĂ© Ă  dĂ©battre de la concentration des mĂ©dias au Club 44 Ă  la Chaux-de-Fonds dans le cadre du 140e anniversaire du journal “Le Courrier”. Le 14 mars dernier, c’est Gauchebdo qui organisait une table ronde devant un large public Ă  Renens sur le thĂšme de la diversitĂ© de la presse. Chaque fois, il y avait de l’autre cĂŽtĂ© de la table un reprĂ©sentant des Ă©diteurs.

Les articles, enfin. En septembre 2008, j’ai Ă©crit dans “Universitas”, l’organe de l’UniversitĂ© de Fribourg. Le thĂšme: “L’info, sacrifiĂ©e au dieu consumĂ©riste”, oĂč je reprends les thĂšmes chers Ă  l’info-en-danger. En novembre 2008, c’est dans un travail de maturitĂ©… en allemand “Medien und Manipulation - Der Einfluss der Französischen Zeitungen” que nos thĂšses ont Ă©tĂ© citĂ©es. Les auteures: Elvira Molnar et Sarah Golaz, du Gymnase Auguste Piccard Ă  Lausanne.

Un regret personnel, pour conclure. Je m’étais promis, l’an dernier Ă  la mĂȘme Ă©poque, de suivre la ConfĂ©rence des rĂ©dacteurs en chef, un promontoire dont la responsabilitĂ© n’est pas moindre dans le combat que nous menons pour la qualitĂ© de l’information. Cette enceinte a un nouveau prĂ©sident en la personne de Peter RothenbĂŒhler. Faute de temps, je n’ai pas pu remplir cette mission. Ce n’est que partie remise, je l’espĂšre.

Christian Campiche, membre du comitĂ© d’info-en-danger

Grippe porcine: les médias en font-ils trop?

10 mai 2009

Dessin de Stephff

Lettre ouverte Ă  Luc PetitfrĂšre, responsable du Matin online

15 mars 2009

Nous rĂ©percutons ici une initiative de l’auteur du blog romand d’observation des mĂ©dias Piques et rĂ©pliques:

Monsieur le rédacteur,

Ces derniĂšres semaines, votre site Internet a publiĂ© Ă  trois reprises avec fracas et gros titres des informations qui se sont avĂ©rĂ©es rapidement fausses pour l’essentiel. Vous avez annoncĂ© qu’une jeune femme avait Ă©tĂ© agressĂ©e et lacĂ©rĂ©e au cutter par des skinheads, puis qu’un enfant de 5 ans avait poignardĂ© sa sƓur pour un jeu vidĂ©o. Comme si cela ne suffisait pas, alors que vous auriez dĂ» commencer Ă  vous mĂ©fier de ce genre de choses, vous avez encore affirmĂ© qu’un inconnu avait fait irruption dans un parking et tuĂ© une jeune fille Ă  bout portant sans raison apparente.

Bien sĂ»r, d’autres journaux et sites Internet ont Ă©galement rapportĂ© ces fausses informations. Toutefois, seul votre journal l’a fait Ă  chaque fois et surtout sans user ni de points d’interrogation, ni du conditionnel, ni en Ă©mettant des rĂ©serves quant Ă  la vĂ©racitĂ© des faits. Vous semblez donc prĂȘt Ă  persister sur la mĂȘme voie et Ă  continuer Ă  publier rĂ©guliĂšrement de pareilles allĂ©gations comme si elles Ă©taient d’ores et dĂ©jĂ  confirmĂ©es. C’est contre toute dĂ©ontologie journalistique.

Mais vous ne vous contentez pas de publier impunĂ©ment des informations frelatĂ©es. En effet, lorsque des internautes viennent Ă©voquer ces manquements en inscrivant un commentaire critique sur votre site, vous vous dĂ©pĂȘchez de le faire disparaĂźtre, pratiquant ainsi la censure plutĂŽt que la modĂ©ration. J’ai moi-mĂȘme fait l’expĂ©rience de votre pratique lundi passĂ© en intervenant Ă  plusieurs reprises pour signaler que les informations publiĂ©es Ă©taient rĂ©guliĂšrement fausses. A chaque fois, mes messages ont Ă©tĂ© supprimĂ©s alors qu’ils ne contenaient aucun propos contraire Ă  la charte de votre site. Finalement, vous avez mĂȘme Ă©tĂ© jusqu’Ă  supprimer mon identifiant.

Par contre, vous tolĂ©rez sans aucune difficultĂ© un nombre invraisemblable de messages haineux et d’Ă©changes rĂ©pugnant parmi ces commentaires. Vous semblez ainsi favoriser l’expression d’Ă©motions agressives au dĂ©triment des critiques rationnelles affectant vos Ă©crits. Je tiens d’ailleurs Ă  prĂ©ciser que je me fais aussi le porte-parole des nombreux internautes qui dĂ©noncent votre pratique de la censure et qui voient eux aussi rĂ©guliĂšrement leurs messages disparaĂźtre. On a donc droit Ă  deux marques de manque de respect vis-Ă -vis du lecteur : les informations non fondĂ©es, puis la sĂ©lection trĂšs discutable des commentaires. Ces pratiques injustifiĂ©es ne font pas honneur Ă  votre profession.

Je souhaiterais vraiment que vous ayez l’obligeance et le courage de prendre position clairement sur les faits Ă©noncĂ©s ici. En espĂ©rant que vous aurez la courtoisie de me rĂ©pondre, je vous prie d’agrĂ©er, Monsieur le rĂ©dacteur, mes salutations distinguĂ©es

Daniel Schöni Bartoli
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Il veut expliquer les raisons de son départ aux lecteurs. Le journal refuse

24 janvier 2009

Une lettre de Bernard Walter, ancien rédacteur responsable du Monde du travail

Je soumets mon histoire Ă  infoendanger parce qu’elle soulĂšve Ă  mon sens d’importantes questions de principe.

Voici de quoi il s’agit.

J’ai Ă©tĂ© rĂ©dacteur responsable du Monde du travail, journal du Mouvement populaire des familles (Mpf), d’avril 2006 Ă  fĂ©vrier 2008.
Suite Ă  une divergence Ă  rĂ©pĂ©tition, et me trouvant minorisĂ© dans le groupe de rĂ©daction du journal, j’ai quittĂ© celui-ci. En quelques lignes, Ă  la suite de mon dernier article datant du mois de mars 2008, j’ai expliquĂ© les raisons de mon dĂ©part.
Voici ce que j’avais Ă©crit:

«Suite Ă  un dĂ©saccord durable au sein de la rĂ©daction du Monde du travail concernant une critique trĂšs ciblĂ©e et rĂ©pĂ©tĂ©e du rĂ©gime chinois et de ses pratiques des droits humains, dont on peut voir la teneur dans le numĂ©ro de janvier dernier, et dĂ©fendant un point de vue minoritaire, j’ai le regret de quitter le journal. Je souhaite bonne route Ă  toute l’équipe de rĂ©daction.»

Ces lignes ont Ă©tĂ© supprimĂ©es sans que j’en sois avisĂ©.

C’Ă©tait donc une explication trĂšs simple, sans aucun caractĂšre polĂ©mique. Dans le numĂ©ro de janvier, deux articles contradictoires avaient Ă©tĂ© publiĂ©s cĂŽte Ă  cĂŽte sur ce qui constituait pour moi l’essentiel du problĂšme, je n’avais donc pas besoin d’y revenir dans l’information que je donnais sur mon dĂ©part.
D’ailleurs le fait que ces deux articles aient Ă©tĂ© publiĂ©s, donnant la position de chacun, Ă©tait pour moi satisfaisant, et j’estimais que les choses Ă©taient ainsi transparentes. C’Ă©tait sans compter sur l’obstination d’un des membres de la rĂ©daction qui est revenu avec ce sujet en fĂ©vrier. Et nous voilĂ  repartis dans une discussion sans fin, oĂč je me trouvais seul de mon point de vue.

Pourquoi serions-nous forcĂ©s de nous comprendre? Si je me sens devant un mur, et que pour moi, il s’agit de questions essentielles, je n’ai qu’Ă  m’en aller. C’est ce que j’ai fait.
Mais si je m’en vais, comme pour toute personne qui quitte une organisation, je veux bien entendu que les gens appartenant Ă  cette organisation connaissent mes raisons. A plus forte raison si je suis le rĂ©dacteur responsable d’un journal.
C’est une question d’honneur. Je suis un homme de conviction, et je ne quitte pas comme ça, sans autres, un journal, surtout si celui-ci s’engage pour une sociĂ©tĂ© diffĂ©rente.

Je dois mentionner ici un élément important de mon désaccord.
La dĂ©nonciation des atteintes aux droits de l’homme par un membre de la rĂ©daction tirait ses sources des publications du Falun gong. (C’Ă©tait en novembre 2007). AprĂšs quelques recherches, je suis parvenu Ă  la conclusion que ce mouvement n’est autre qu’une secte travaillant d’ailleurs main dans le main avec le gouvernement des USA.
J’avais demandĂ© que au moins on retire de l’article la rĂ©fĂ©rence Ă  un reprĂ©sentant au CongrĂšs amĂ©ricain de l’ultradroite, un certain Rohrabacher, lequel, fervent partisan des guerres en Irak et Afghanistan, qualifie l’Etat chinois d’Etat criminel. L’argument que j’ai toujours dĂ©fendu est que les puissances occidentales qui violent les principes Ă©lĂ©mentaires du droit international n’ont de leçon Ă  donner Ă  personne. (Cf Jean Ziegler «La haine de l’Occident»p.13: «Compte tenu des crimes prĂ©sents et passĂ©s commis par l’Occident, elle [Sarala Fernando, ambassadrice de Sri Lanka auprĂšs de l’ONU] tient pour parfaitement indĂ©cent l’invocation des droits de l’homme par un ambassadeur occidental – en quelque circonstance que ce soit. [Beaucoup] de ses collĂšgues pensent exactement comme elle.»)
Ceci m’a Ă©tĂ© refusĂ©, ce Rohrabacher est restĂ© dans l’article, ce qui est pour moi une vilaine tache dans le journal, dont j’Ă©tais «rĂ©dacteur responsable».
On m’a reprochĂ©, en la circonstance de vouloir pratiquer la censure. On m’a reprochĂ© en outre d’aller vĂ©rifier par derriĂšre ce qu’un collĂšgue Ă©crivait.

J’ai exprimĂ© mon point de vue de façon argumentĂ©e Ă  plusieurs reprises auprĂšs de la rĂ©daction du journal et au comitĂ© romand du Mpf. Les seuls arguments que j’ai obtenus en retour ont Ă©tĂ© le fait du secrĂ©taire du mouvement. Ils sont au nombre de trois.

1.Je suis un peu atterré que tu mélanges tout.
2.Je ne ferai pas de commentaires, cela vaut mieux.
3.Tu ne comprends pas tant pis. Mais c’est mieux pour toi.

Et voilĂ . L’information a Ă©tĂ© donnĂ©e aux lecteurs dans le numĂ©ro de mai: «Bernard Walter a pris la dĂ©cision de quitter le journal.» Avec plein de gentilles choses en plus, du style «nous avons apprĂ©ciĂ© son apport de qualité» «nous le remercions sincĂšrement pour cette collaboration trop courte».
Donc le rĂ©dacteur responsable est parti. Comme ça. Sans mĂȘme se donner la peine de donner une explication.
Je peux imaginer la rĂ©action du lecteur: «On croyait que ce type Ă©tait sĂ©rieux» «Il a fait quoi?» «C’est un peu lĂ©ger, se tirer comme ça sans raison.» Que ce soit une atteinte Ă  ma personne est une chose. Mais en plus, ça ne fait pas de bien au mouvement.
Personne dans le mouvement n’a rĂ©agi. Aucun d’entre eux, tous des gens porteurs de bonnes intentions, n’a de quoi ĂȘtre fier.

Pour faire bref, le journal a refusĂ© totalement de publier les quelques lignes oĂč je m’expliquais sur mon dĂ©part malgrĂ© mes demandes rĂ©pĂ©tĂ©es au nom de la dĂ©ontologie la plus Ă©lĂ©mentaire. «Je pense que les principes de base de la dĂ©ontologie du journalisme vous y obligent» ai-je Ă©crit. Le secrĂ©taire du mouvement m’a finalement assurĂ© qu’il s’en remettrait Ă  la dĂ©cision finale du comitĂ© qui devait se tenir en juin et que j’en serais informĂ© par courrier Ă©lectronique. Je n’ai jamais rien reçu.

VoilĂ . Je ne fais pas de tout cela une question de personne.
Ce que je trouve grave, c’est bien sĂ»r l’atteinte aux principes d’une information correcte et Ă  la pratique d’un fonctionnement dĂ©mocratique qu’une telle façon de procĂ©der suppose.
Mais ce qui m’a le plus gĂȘnĂ© dans cette histoire, c’est que justement cela s’est passĂ© lĂ  oĂč ça ne doit pas se passer. Parce que le Mpf est un mouvement d’une entiĂšre indĂ©pendance politique, financiĂšre et Ă©conomique. Et que donc son luxe est d’ĂȘtre libre, son luxe est de pouvoir s’exprimer, sans avoir Ă  en rĂ©fĂ©rer Ă  de quelconques instances extĂ©rieures. Et parce que c’est un mouvement engagĂ© pour une sociĂ©tĂ© diffĂ©rente.
Le fait que des personnes censĂ©es ĂȘtre Ă©clairĂ©es et se pensant telles puissent pratiquer de cette maniĂšre la loi du silence et la peur d’un vrai dĂ©bat, comme les poules cachent leur tĂȘte sous l’aile, c’est quelque chose qui m’a beaucoup Ă©tonnĂ© et m’a laissĂ© dans une grande perplexitĂ©.

Bernard Walter, Le Sentier

Réponse à Bernard Walter, par Jean Blanchard, secrétaire général du MPF

La dĂ©mission de Bernard Walter de son poste de rĂ©dacteur responsable du Monde du travail, le journal du Mouvement populaire des familles (MPF), a pour origine une divergence sur la dĂ©nonciation des violations des droits de l’homme en Chine. Le Monde du travail n’étant pas un organe dogmatique, il a tout de mĂȘme pu exprimer sa position sur le sujet dans un article paru en janvier 2008  (pages 6 et 7) en parallĂšle Ă  l’opinion majoritaire du comitĂ© de rĂ©daction.

C’est par la suite que Bernard Walter a dĂ©cidĂ© de quitter ses fonctions au journal et a aussi dĂ©missionnĂ© du comitĂ© romand du MPF. DĂšs lors, il n’a plus participĂ© aux instances du mouvement quand bien mĂȘme la sĂ©ance suivante du comitĂ© romand a pris connaissance de sa lettre de dĂ©mission et faisait donc office d’instance de recours. De mĂȘme, il aurait pu saisir le congrĂšs du mouvement des 24 et 25 mai 2008 oĂč il Ă©tait invitĂ© comme tout membre du MPF et oĂč les motifs de sa dĂ©mission ont Ă©tĂ© communiquĂ©s aux participants.

En revanche, la publication de ces motifs dans le journal a Ă©tĂ© clairement refusĂ©e, tant par le ComitĂ© de rĂ©daction que par le ComitĂ© romand du MPF, pour la raison essentielle que le journal n’est pas un bulletin interne du mouvement mais un vrai journal et que, pour cette raison, les causes de nomination et de dĂ©part du rĂ©dacteur responsable ou les changements au sein du comitĂ© de rĂ©daction n’ont jamais fait l’objet de publication. Ces Ă©lĂ©ments sont discutĂ©s dans les instances du mouvement.

Pour le MPF, cette affaire est close.

Pour le comité de rédaction et le Comité romand du MPF

Jean Blanchard
Secrétaire général du MPF

Une pĂ©tition pour sauver “Der Bund”

13 janvier 2009

Le quotidien “Der Bund” est une part de Berne. Créé il y a 160 ans, il entretient la vie politique, Ă©conomique, culturelle et sociale du canton. Cette institution est pourtant sĂ©rieusement menacĂ©e. Si rien n’est entrepris, en mars 2009 le couperet pourrait tomber, condamnant le journal Ă  cesser de paraĂźtre dans sa forme actuelle. En effet tout porte Ă  croire que le groupe Tamedia mettra Ă  exĂ©cution son plan de fusion des titres  “Der Bund” et “Berner Zeitung”. Un nouveau monopole de presse serait ainsi créé au dĂ©triment de la qualitĂ© de l’information.

Sauvez le “Bund”! Un comitĂ© oĂč figurent des parlementaires fĂ©dĂ©raux, des personnalitĂ©s de la finance et des artistes s’est constituĂ© pour empĂȘcher la mort du quotidien bernois. Une pĂ©tition circule sur le site www.rettet-den-bund.ch , qui vise Ă  rĂ©unir un maximum de signatures. En vue de soutenir des actions ciblĂ©es, des dons peuvent ĂȘtre versĂ©s au CCP 60-577443-6

Caissettes de journaux Ă  GenĂšve: deux poids deux mesures

9 décembre 2008

Gauchebdo, Une du No 47Dans sa une du 21 novembre 2008, l’hebdomadaire Gauchebdo annonçait que le Conseil administratif de la ville de GenĂšve instaure un droit de regard sur le contenu rĂ©dactionnel des journaux diffusĂ©s en Ville de GenĂšve. L’annĂ©e prochaine, les caissettes Ă  journaux vont disparaĂźtre du territoire de la Ville de GenĂšve, elles seront remplacĂ©es par des «pĂŽles presse». Pour pouvoir en bĂ©nĂ©ficier, les publications devront rĂ©pondre Ă  des critĂšres fixĂ©s dans une directive adoptĂ©e par l’exĂ©cutif. Le conseiller administratif Pierre Maudet a Ă©crit Ă  Gauchebdo que, selon ces critĂšres, le «contenu rĂ©dactionnel» du journal ne lui permettrait pas Ă  priori d’ĂȘtre distribuĂ© dans ces «pĂŽles presse» 

Aux derniĂšres nouvelles, Ă  la suite de l’article de Gauchebdo, la Ville a pris contact avec le journal pour lui expliquer qu’il y avait un “malentendu”, un “problĂšme de communication”…  Et de promettre Ă  Gauchebdo qu’il aurait droit Ă  des caissettes. Commentaire de la rĂ©daction: “on attend leur dĂ©cision. Au sujet des ‘critĂšres’, c’est devenu trĂšs flou, nous n’avons pas pu mettre la main sur la directive.”
Info-en-danger

Prenez la plume si vous voulez sauver vos quotidiens régionaux !

5 décembre 2008

 Nous publions cet appel d’un lecteur de “L’Express”:

Chers lectrices, chers lecteurs,

Que votre quotidien prĂ©fĂ©rĂ© se nomme “L’Impartial” ou “L’Express”, sachez qu’il y a pĂ©ril en la demeure. Si vous avez suivi comme moi les rebondissements secouant les rĂ©dactions de ces deux titres, vous vous ĂȘtes peut-ĂȘtre dit que l’Etat de NeuchĂątel ne laisserait pas tomber les deux quotidiens qui relayent son identitĂ© depuis des lustres. Vous vous ĂȘtes certainement dit que – Ă  l’inverse du groupe parisien qui fait preuve d’un tel mĂ©pris pour les journalistes qu’il emploie – l’Etat de NeuchĂątel, par le biais de son service de l’emploi, saurait soutenir l’un des maillons essentiels de sa cohĂ©sion socio-Ă©conomique.

C’était sans compter sur l’étroitesse d’esprit de nos fonctionnaires cantonaux et des dĂ©cideurs politiques que nous avons Ă©lus ! Quand il s’agit de crĂ©er une crĂšche Ă  l’intention presque exclusive de ses employĂ©s, l’Etat sait trouver des solutions innovantes en dĂ©veloppant des partenariats publics privĂ©s inĂ©dits. Quand il s’agit de dĂ©fendre les piliers de l’expression de notre identitĂ© rĂ©gionale, nos fonctionnaires et politiciens neuchĂątelois ne savent plus que se cacher derriĂšre des rĂšglements et procĂ©dures obscurantistes.

Il ne reste donc plus que vous, lectrices et lecteurs des prĂ©sentes colonnes, pour affirmer haut et fort que “L’Express” et “L’impartial” doivent vivre. Selon les derniers chiffres certifiĂ©s par la REMP, nous sommes prĂšs de 100â€Č000 personnes Ă  lire rĂ©guliĂšrement l’un de ces deux titres. 100â€Č000 lecteurs qui doivent aujourd’hui se mobiliser pour que leurs mĂ©dias rĂ©gionaux ne sombrent pas et ne se rĂ©duisent pas Ă  une vulgaire feuille d’annonces. Car si, comme l’Etat de NeuchĂątel, le groupe Hersant et la direction de “L’Express” et “L’Impartial”, vous cautionnez l’amputation du quart des postes de journalistes dans ces deux titres, vous vous rĂ©signez Ă  ne plus lire que des dĂ©pĂȘches d’agences et des publicitĂ©s Ă  peine dĂ©guisĂ©es. Une Ă©cole se ferme dans le canton, personne ne le saura ! Une association restaure un moulin dans le Val-de-Ruz, personne ne le relatera ! Nos sportifs juniors s’illustrent brillamment lors des concours rĂ©gionaux, personne ne le lira !

Je suis convaincu que, comme moi, cette vision vous dĂ©range, voire vous consterne. La situation financiĂšre de ces deux titres est certainement difficile mais l’on ne me fera pas croire qu’elle est dĂ©sespĂ©rĂ©e. En tous cas, une chose est sĂ»re, ce n’est pas en sabordant ce qui fait la force des ces quotidiens, que leurs dirigeants les sauveront ! Il semble en effet que ces derniers aient perdu de vue ce qui fait la particularitĂ© et la raison d’ĂȘtre de leur support mĂ©dia : une actualitĂ© rĂ©gionale de fond, traitĂ©e par des journalistes compĂ©tents et proches des prĂ©occupations de leur lectorat. Supprimer cette « unique selling proposal » - comme disent les spĂ©cialistes du marketing - reviendrait Ă  Ă©diter une feuille de chou plus mĂȘme capable de rivaliser avec “Le Matin Bleu” ou “20 Minutes” : un suicide programmé !

Il nous appartient donc, en tant que lectrices et lecteurs, de refuser un tel futur pour nos deux titres ! Je vous engage par consĂ©quent Ă  prendre la plume et Ă  signifier votre attachement Ă  une presse rĂ©gionale de qualitĂ© en Ă©crivant aux rĂ©dactions de “”L’Express” et de “L’Impartial” les mots suivants : « Notre canton a besoin d’une presse rĂ©gionale forte et de qualitĂ©, nous enjoignons le Groupe Hersant, la direction de “L’Express” et de “L’Impartial” ainsi que le canton de NeuchĂątel, Ă  chercher des solutions pour garantir Ă  ces quotidiens une rĂ©daction capable de mener Ă  bien sa mission premiĂšre ». Si les 100â€Č000 lecteurs que nous sommes prenaient seulement la peine de signer les trois lignes suivantes, ils donneraient Ă  n’en pas douter un autre poids aux revendications des rĂ©dacteurs de leurs quotidiens favoris. Car croyez-moi, c’est pour bien plus que pour leurs places de travail que ces journalistes se battent, ils luttent pour notre identitĂ© et notre patrimoine : Ne les laissons pas tomber !

Patrick Kohler
Lecteur de “L’Express” et spĂ©cialiste en relations publiques